Courbevoie, de son nom latin, “Curva Via” qui signifie voir courbe, en référence à l'antique tracé de la route de Normandie, a toujours subi l'influence du réseau routier reliant la province à Paris.

Cette brochure vous propose une promenade à travers les rues de la commune, depuis le Moyen-Âge jusqu'à l'époque récente qui a vu s'ériger les tours de la Défense.

Témoins de l'histoire de notre ville, les noms de rues nous racontent comment de petit hameau de vignerons et de pêcheurs, Courbevoie est devenue la ville moderne de plus de 80 000 habitants que nous connaissons.

Au XVIIIe siècle, la France met en place un système de codification permettant de désigner les différentes voies qui desservent les villes de moyenne et de grande importance. À cette époque, les sentiers et autres ruelles foisonnent. Mais sans plan et surtout sans plaque, il est difficile de trouver son chemin, alors que les échanges et le commerce se développent de plus en plus.

À Paris, où le premier bureau général des postes voit le jour en 1738, la distribution du courrier et des colis est quasi impossible : quelques boîtes aux lettres collectives sont d'abord réparties dans la capitale, mais elles sont livrées aux rongeurs et aux dégradations. Il devient nécessaire de mettre en place un système plus élaboré et une distribution individualisée. On voit alors apparaître les premières plaques de rues.

D'abord simples morceaux de tôles peints en noir sur fond jaune, ces plaques sont clouées sur les maisons situées à l’extrémité des voies. Elles sont souvent détruites ou arrachées et doivent rapidement être remplacées par des noms gravés en creux dans la pierre. Cette technique sera plus tard abandonnée au profit des plaques émaillées actuelles à lettres blanches sur fond bleu.

C'est également au XVIIIe siècle que l'on ébauche une véritable numérotation des rues. D'abord à Paris, en 1726, avec l'identification des portes cochères, puis en 1768, avec l'ordonnance royale du 1er mars qui prescrit l'attribution d'un numéro pour les maisons “de toutes les villes du royaume sans exception et des bourgs et villages sujets au logement des troupes”. La présence de la caserne des gardes suisses et l'accueil d'une partie des militaires chez l'habitant, font de Courbevoie une ville particulièrement concernée par cette mesure.

Après quelques hésitations, un système de classement universel est mis en place par décret du 4 février 1805, dont certains articles sont aujourd'hui encore en vigueur.

En ce qui concerne la signalétique, on assiste, pour la numérotation au même chaos que pour les plaques de rues. Rambuteau, préfet de la Seine, ordonne, par décret du 28 juin 1847, l'uniformisation des numéros de rues. Des plaques en porcelaine émaillée, avec des chiffres blancs sur fond bleu, sont alors scellées sur les façades des maisons.

Humble village composé de simples caravanes, Courbevoie au Moyen-Âge, subsiste du travail de la terre. Les habitants sont peu nombreux et regroupés dans les quartiers du centre ville et de Bécon.

En 1670, la vie s'organise sur les coteaux pour se garder des crues de la Seine. Le centre ville se développe autour de la chapelle Saint-Pierre Saint-Paul.

Au XVIIIe siècle, Courbevoie devient ville de garnison avec l'implantation de la caserne des gardes suisses de Louis XV en 1750. La présence du bâtiment militaire favorise l'émergence de nombreuse activités. De ce fait, vers 1800, les sentiers et chemins font place à des rues aménagées. La population augmente et le commerce remplace peu à peu l'agriculture : Courbevoie s'urbanise.

Une industrie balbutiante

Au milieu du XIXe siècle, le bas de Courbevoie devient le berceau des premières industries attirées par la proximité de la Seine fournissant l'énergie hydraulique (industrie chimique, secteur textile…). Avec l'arrivée du chemin de fer en 1840, on assiste à un afflux massif d'ouvriers. Souvent paysans de la veille, cette main-d'oeuvre n'hésite pas à quitter sa province natale pour se reconvertir dans le secteur industriel de la région parisienne. À Courbevoie, les nouvelles constructions se concentrent alors au nord-ouest de la ville (aujourd'hui le Faubourg-de-l'Arche), resté longtemps inhabité. Pour faire face à l'augmentation de la population, de grands travaux d'urbanisme sont réalisés : élargissement, alignement, viabilisation des voies…

Au XXe siècle

De nombreuses usines spécialisées dans la fabrication de produits cosmétiques et dans la construction mécanique s'installent sur la commune. Puis, l'activité industrielle est remplacée par le secteur tertiaire. Nombre de sièges sociaux de sociétés informatiques, d'assurances ou de banques s'implantent à Courbevoie à proximité de La Défense. De grands ensembles fleurissent dans le centre ville à l'emplacement de l'ancienne caserne, prenant le nom de complexe Charras, tandis que le secteur de Bécon conserve un air village et que jaillit de terre un nouveau quartier en direction de La Défense…

En 1630, on estime à environ 600 le nombre d'habitants présents sur la commune.

La population courbevoisienne se compose principalement des seigneurs du haut et du bas Courbevoie, de 5 ou 6 gris propriétaires terriens et de quelques familles de vignerons.

Pendant près d'un siècle, la population oscille entre 600 et 1 000 habitants au gré des disettes et des épidémies.

Le XVIIIe siècle marque la fin des grandes famines grâce à l'amélioration des techniques agricoles, le développement des échanges et les progrès de la médecine et de l'hygiène.

La population entame une croissance régulière, soutenue par l'arrivée des gardes suisses et de leurs familles ainsi que par l’exode rural.

En 1801, on compte 1 311 habitants et 2488 en 1836. Cette augmentation conséquente a lieu malgré les fréquentes épidémies, en particulier le choléra qui, à plusieurs reprises, fait des ravages.

En 1861, on dénombre 6 899 Courbevoisiens :

  • 16 % d'entre eux tirent leur subsistance du travail de la terre,
  • 15 % sont commerçants ou vivent du commerce.
  • 40 ù vivent de l'industrie.

En 1896, le cap des 20 000 habitants est atteint.

Au XXe siècle, la population se développe considérablement atteignant 47 555 habitants en 1926. Puis, 59 730 habitants en 1954. En 1999, la barre des 70 000 Courbevoisiens ets dépassée.

En 2026, nous en somme à 82 902 habitants selon l'INSEE.