• Nom commun
    mûrier du ver à soie
    Nom latin
    Morus bombycis
    Site
    Parc de Bécon
  • Même s’il a perdu une grosse branche il y a quelques années, cet arbre classé remarquable situé dans le talus du parc de Bécon, non loin de l’orangerie, marque de sa présence le plus grand parc de la ville à proximité de l'orangerie.

  • Généralités

    Je m’appelle mûrier à feuilles de platane ou mûrier platane, mais mon appellation de mûrier du ver à soie est bien plus révélatrice de mon histoire. En effet, je dois ma renommée à ce que le ver à soie ou bombyx du mûrier (Bombyx mori) ne se nourrit au stade larvaire qu’exclusivement de feuilles de mûrier. J’en suis la plante hôte dont la découverte remonte à 2 700 ans av. J.-C. Je peux atteindre l’âge de 500 ans. Pour les botanistes, mon nom latin est aussi Morus kagayamae. Je dois donc ma propagation en France en raison de la sériciculture (élevage du ver à soie). Les premiers mûriers seront plantés en Provence en 1266 à la suite de l’expédition de Charles d’Anjou à Naples. A peu près à la même époque, dans les Pyrénées, les mûriers seront introduits par les maures, via l’Espagne. Le grand initiateur de la sériciculture en France demeure cependant l’agronome huguenot Olivier de Serres (1539-1619). Auteur du livre de référence « Le théâtre d’agriculture et ménage des champs » dont Henri IV fait imprimer en novembre 1599 le chapitre XIV intitulé : « La cueillette de la soie par la nourriture des vers qui la font ». En 1601, afin de montrer l’exemple aux propriétaires terriens, ce roi fait planter 20 000 mûriers dans le jardin des Tuileries (Paris). Ainsi débute ma notoriété. Je peux mesurer de 6 à 15 mètres de haut. Mon ombre est appréciée lors des grosses chaleurs d’été. Du fait de mon port naturellement étalé, je suis parfois employé en plateau d’ombrage.

  • Chorologie

    Je suis originaire d’Asie (Mongolie, Chine, Corée, Japon et Sakhaline).

  • Ecorce

    Mon écorce est lisse et grise. Mon bois a pu servir comme bois de chauffage de cheminée et pour la construction de tonneaux.

  • Feuilles

    Très ornementales, mes grandes feuilles caduques vertes et brillantes ressemblent à celles du platane. Elles prennent une couleur jaune d’or à l’automne.

  • Fleurs

    De couleur vert clair, ma floraison apparaissant d’avril à mai est insignifiante.

  • Fruits

    Rouges, puis noirs à maturité, mes fruits sont comestibles. Ce sont des syncarpes (fruits composés de plusieurs petites drupes) ressemblant à de petites mûres de forme allongée. Ils sont juteux et très sucrés. Ils sont très appréciés des oiseaux.

  • Anecdotes
    • Situé à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard), le musée de la Soie en Cévennes est consacré à la sériciculture dans cette région et développe les thématiques des magnaneries, de la filature, du tissage et de la sériciculture dans les années 1930.
    • Grâce au mûrier, a été créée la fameuse « Route de la soie ». Tirant son nom de la précieuse marchandise y transitant, il s’agissait d’un ancien réseau de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe, reliant la ville chinoise de Chang’an (actuelle Xi’an) à la ville turque de Constantinople (devenue Istanbul).
    • En Sicile, le mûrier représentait la protection. Ainsi, planter un mûrier du côté est de sa maison garantissait le bonheur pour toute une vie.
  • Cet arbre en particulier

    Je suis situé dans le parc de Bécon, dans le talus côté orangerie, entre un magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora) et un cèdre bleu de l’Atlas (Cedrus atlantica ‘Glauca’). Je suis classé parmi les arbres remarquables de la ville et, à ce titre, figure sur le plan des arbres du Plan Local d’Urbanisme  de Courbevoie. C’est pour cette raison que je suis également identifiable grâce à une plaque en lave émaillée reprenant mes noms, mon origine, un très bref descriptif et illustrée par un dessin de mes feuilles. A mon pied, pousse un genévrier rampant et au printemps fleurissent quelques narcisses. Ce parc fait l’objet d’une restauration en cours. Dans ce même parc, cinq autres arbres sont identifiables par flashcode : un acajou de Chine à jeunes feuilles rose vif virant au crème, puis vert brillant, un figuier, un pin parasol, un prunier myrobolan de Pissard et un robinier faux-acacia nain tortueux. Il est à signaler dans ce même talus, un févier d’Amérique (Gleditsia triacanthos) planté en 2021 en hommage au paysagiste Philippe Thébaud (1946-2021), concepteur du jardin des Tournelles, du square Nokovitch et fondateur de l’agence Land’Act, en charge de la rénovation en cours du parc de Bécon.

  • A Courbevoie et en France
    • A Courbevoie, un mûrier du ver à soie est visible dans la promenade Saint-Nicolas, en accédant par l’entrée à l’angle des rues de Belfort et de Bezons. Il est situé près de la cabane à histoires, du côté de l’aire de jeux à tables de ping-pong.
    • Toujours à Courbevoie, un autre mûrier du ver à soie est visible dans le parc des Couronnes.
    • A Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), plusieurs mûriers du ver à soie sont alignés dans l’aire de jeux du parc Saint Jean-Paul II.