• Nom commun
    hêtre pourpre
    Nom latin
    Fagus sylvatica f. purpurea
    Site
    Parc De Lattre de Tassigny
  • Situé à l‘entrée du parc De Lattre de Tassigny, au niveau de la rue Victor Hugo, face à l’école Sonia Delaunay, cet arbre est particulièrement attrayant pour la couleur de son feuillage.

  • Généralités

    Je suis une forme naturelle du hêtre commun dont un exemplaire est également identifiable par flashcode dans le parc Charras. Je lui ressemble donc beaucoup tant au niveau de la taille (25 à 30 mètres), de l’écorce que de ma silhouette (arbre élancé à tronc droit et couronne arrondie). Comme lui, je fais donc partie de la famille des fagacées. Cependant, si le hêtre commun, dit « fayard » est une essence forestière importante dans nos régions du nord de la France, je suis plutôt une variété ornementale des parcs et des jardins. Je vis de 110 à 300 ans.

  • Chorologie

    Ma première localisation connue date de 1600 et est située près de Buchs (Suisse). D’autres exemplaires ont ensuite été repérés dans la forêt de Darney (Vosges), puis près de Zurich (Suisse), puis en Thuringe (Allemagne) ou encore dans le Tyrol (Autriche).

  • Ecorce

    Comme celle du hêtre commun, mon écorce est grise et lisse et facilement reconnaissable même en hiver lorsque je n’ai plus de feuilles. Mon bois étant dur et homogène, il est utilisé en menuiserie, en ébénisterie et en bois de chauffage. Il sert également à la fabrication de pâte à papier et de palettes.

  • Feuilles

    Mesurant de 5 à 18 centimètres, mes feuilles ont un bord légèrement ondulé. Elles sont alternes, planes, ovales ou elliptiques et bien sûr de couleur pourpre, due à un pigment appelé l’anthocyane. Elles sont donc à l’origine de mon nom. Comme pour le hêtre, elles sont coriaces, d’abord pubescentes puis glabres. Je suis marcescent, c’est-à-dire que mes feuilles une fois séchées restent encore accrochées à mes branches une partie de l’hiver. C’est au printemps que, lorsque mes feuilles sont encore jeunes, ma couleur est la plus éclatante quand les rayons du soleil viennent caresser mon houppier. Plus tard dans l’année, mes feuilles adoptent davantage un coloris franchement pourpre voire vert foncé.

  • Fleurs

    Apparaissant en avril, mes fleurs de couleur jaune-vert, passant de fait relativement inaperçues, sont différenciées en chatons. Mes fleurs mâles sont globuleuses et pendent le long d’un pédoncule, tandis que mes fleurs femelles sont contenues dans des enveloppes placées à l’extrémité des pousses.

  • Fruits

    Dénommés faînes, mes fruits sont groupés par deux dans des cupules hérissées de poils souples, s’ouvrant par quatre valves. Jusqu’au XXe siècle, mes fruits fournissaient de l’huile et de la farine.

  • Anecdotes
    • Une légende raconte que cinq frères vivant près de Buchs (Suisse), là où fut découvert le premier hêtre pourpre, s'entretuèrent et que c’est leur sang qui en éclaboussant est à l’origine de la couleur de ce hêtre. Une autre légende née de l’apparition spontanée d'exemplaires à feuillage pourpre, isolés au milieu de hêtres verts, a suscité jusqu’au XVIIIe siècle l’émotion populaire. Cette mutation de couleur était perçue comme la réprobation divine pour le sang versé d’un crime ou l’annonce de batailles meurtrières.
    • En raison de la densité de son couvert, pratiquement rien ne pousse au pied du hêtre. La fraîcheur ainsi présente a valu à cet arbre d’être associé aux glacières (réservoirs construits dans les parcs pour conserver la glace naturelle des étangs et rivière ou la neige afin de pouvoir consommer en période estivale glaces et sorbets).
    • Plusieurs personnes ont du mal à différencier le charme du hêtre. Un moyen mnémotechnique est de retenir cette phrase « Le charme d’Adam c’est d’être à poil », permettant de se rappeler que les feuilles du charme ont des dents tandis que celles du hêtre ont des poils.
  • Cet arbre en particulier

    Ce hêtre pourpre a été planté dans les années 1970 et marque une des entrées du parc De Lattre de Tassigny, au niveau de la rue Victor Hugo (face à l’école Sonia Delaunay). Avec un tronc bien droit et sa silhouette élancée, il semble bien parallèle à l’immeuble voisin. Sa couleur rouge compose comme un appel à entrer dans ce parc. Celui-ci a été réaménagé dans sa partie basse de 2011 à 2012, notamment avec un renouvellement de la palette végétale et avec la création de murets en gabions (pierres enserrées dans des paniers grillagés). Ce parc est un peu comme un sous-bois urbain enchâssé parmi les immeubles.

    S’il est de ce fait assez ombragé, sa topographie, ses murets en gabions, ses enrochements et la floraison des hortensias composent un environnement particulier. Il est prolongé à l’est en partie haute par la promenade Paul Doumer, davantage ensoleillée, longeant la Seine et au sud par la rue Molière le raccordant à la rue Sainte-Marie et à l’hôtel de ville. Dans ce parc, un autre arbre est identifiable par flashcode : un arbre de Judée.

  • A Courbevoie et en France
    • D’autres hêtres pourpres sont à apprécier dans le quartier Cœur de ville comme les deux situés à l’entrée du square des Boudoux ou encore celui du square de l’Hôtel de ville devant le cercle des Anciens combattants.
    • A Courbevoie, un hêtre pourpre (hauteur : 12 mètres et envergure : 10 mètres) est labellisé « remarquable » dans le jardin du Centre Hospitalier Rives de Seine (30, rue Kilford).
    • Un beau hêtre pourpre est aussi à remarquer dans le parc Freudenstadt.
    • A La Défense, la strate arborée du square des Saisons se compose de quatre hêtres pourpres ainsi que d’un hêtre pleureur.
    • Marquant une certaine symétrie de part et d’autre de l’escalier central du parc de Bécon, deux hêtres pourpres sont plantés dans les glacis. Un autre est aussi planté dans le glacis, labellisé « remarquable », surplombant le parvis du fronton de l’ancienne caserne Charras, tandis qu’un quatrième est visible dans la lisière nord du parc, le long du boulevard Saint-Denis.
    • A Paris, le plus vieil arbre des jardins de l’hôtel de Matignon est un hêtre pourpre.
    • Dans le jardin du Luxembourg (Paris), c’est au pied d’un grand être pourpre qu’a été érigée en 1906 le premier modèle en bronze de la statue de la Liberté de Frédéric-Auguste Bartholdi (1889) donné par l’artiste au musée du Luxembourg en échange du prix de la fonte en 1900 à l’occasion de l’Exposition universelle. Depuis 2013, c’est une copie qui la remplace, l’original ayant rejoint le musée d’Orsay (Paris).
    • Sur la section de l’autoroute A77 reliant Dordives (Loiret) à Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), connue sous le nom d’« autoroute de l’Arbre », l’aire de repos dite « du Hêtre pourpre » (sens Paris-Province) est dédiée à cet arbre.
    • A Strasbourg (Bas-Rhin), dans le jardin de la villa Knopf (1904-1905), œuvre typique de l’Art nouveau due aux architectes Gustave Krafft et Jules Berninger, situé à l’angle de la rue Schiller et du quai Rouget de Lisle, se remarque un beau hêtre pourpre remarquable par la base de son tronc à l’étonnant aspect vrillé.