Bien connu des téléspectateurs de France Télévisions, l’animateur Laurent Romejko officie notamment aux commandes de l’émission culte "Des chiffres et des lettres" depuis 1992. Une expérience qu’il fera partager au public des Mots libres. 

Vous êtes l’un des présentateurs du jeu télévisé le plus célèbre de France depuis 28 ans. Quel est le secret d’une telle longévité ?

Laurent Romejko : Si j’anime cette émission depuis près de trois décennies, c’est parce que j’aime profondément ce jeu, qui a une dimension universelle. C’est aussi par plaisir de travailler avec des amis. Après toutes ces années, la satisfaction est intacte, inoxydable. Je réalise tous les jours que les mots vivent, évoluent, sont le reflet de leur époque. En tant que journalistes d’une chaîne de service public, nous accompagnons cette dynamique, tout en veillant à ce que la langue ne s’appauvrisse pas, par effet de mode ou de jeunisme. Au contraire, nous nous efforçons d’enrichir le vocabulaire et la qualité de l’expression.

 Vous avez par ailleurs publié un livre sur les conséquences du changement climatique. Quel en est le propos ? 

L. R. :
Dans Météo 2050, paru chez Michel Lafon et préfacé par Jean Jouzel, je me suis attaché à décrire ce que pourrait être la France en 2050. J’explore les implications d’une hausse importante des températures sur notre mode de vie, de l’alimentation à l’habitat, en passant par la santé, l’énergie, les transports, le tourisme, etc. Pour ce faire, j’ai consulté des experts du Giec, de l’Inra et de l’Inserm. J’ai considéré que c’était un devoir urgent de faire comprendre au public ce que signifiait concrètement le dérèglement climatique. J’évoque aussi des solutions d’avenir positives, telles que les batteries au sodium, qui pourraient remplacer leurs homologues au lithium, catastrophiques sur le plan environnement et humain. 

En matière de littérature, quels sont les auteurs qui vous ont marqué ? 

L. R. :
Romain Rolland, Stefan Zweig et Alain-Fournier (Le Grand Meaulnes), pour ne citer que les classiques. 

Pensez-vous que les Français lisent moins qu’auparavant ? 

L. R. :
Je dirais qu’ils lisent différemment, mais sans doute moins de livres. Mais il ne faut pas désespérer : lorsque mes enfants étaient adolescents, je leur reprochais de ne pas lire suffisamment. Maintenant qu’ils sont de jeunes adultes, ils sont revenus aux livres, et cela me rassure !