"Toutes les voix sont importantes pour éveiller les consciences"

Blanca Li Photo © Nico Bustos Vivre à Courbevoie

"Toutes les voix sont importantes pour éveiller les consciences"

Publiée le mercredi 02 octobre 2019
Blanca Li, marraine du Festival Atmosphères, a accepté de répondre à nos questions à quelques jours de l’ouverture du Festival.

Blanca Li est chorégraphe, danseuse, réalisatrice et directrice d'expositions interactives. Qu'il s'agisse de performances, d'opéras, de clips musicaux ou de films, elle est à l'origine d'une immense quantité de projets. Jamais limitée à un style, Blanca Li trouve la source de son inspiration dans un large spectre de formes d'expression, du flamenco à la danse classique, à la danse électro ou au hip-hop.
A l’occasion du Festival Atmosphères et du LabOrigins, scientifiques et artistes exploreront ensemble le vivant et notre rapport aux éléments. "Entre inquiétude et émerveillement, amour et violence, préservation et destruction", ils s’interrogeront avec Blanca Li sur les façons d'assurer le développement de nos civilisations sans épuiser notre planète.

Pour quelles raisons avez-vous accepté de parrainer le Festival Atmosphères ?

Blanca Li : Tout le travail effectué par le festival sur la science et l’avenir de notre planète est très important pour moi. J’apprécie aussi cette façon positive de s’interroger sur le futur en s’appuyant sur la science et la culture.

Vous participerez vendredi 11 octobre à un laborigin exceptionnel sur le thème “Demain un défi pour l’homo sapiens”, qu’attendez-vous de cette rencontre rare entre scientifiques et artistes ?

B.L. : Il est très important qu’aujourd’hui scientifiques et artistes se rencontrent. C’est le moment de  parler de notre monde et de réfléchir à un avenir durable. Que va-t-il arriver à l’être humain ?
Dans mon dernier travail, "Solstice", j’ai mené une réflexion sur les relations entre l’homme et la nature. Quelle est la responsabilité de l’homme dans l’évolution de notre environnement ? Les scientifiques ont tiré le signal d’alarme face à l’ampleur des dégâts. Ils nous parlent à tous, et doivent nous expliquer comment agir.
Nous les artistes, on est capable de traiter ce sujet à travers l’art. Toutes les voix sont importantes pour éveiller les consciences.

Dans une de vos dernières créations “Solstice”, en 2017, vous avez  souhaité "contribuer à la dynamique de sensibilisation" concernant l’écologie. Pensez-vous que la danse renforce votre proximité avec la nature ?

B.L. : La danse est un travail avec le corps et la nature. En dansant, notre relation au monde et notre sensibilité s’expriment à travers le mouvement.
Ce que je fais dans le spectacle, c’est évoquer la nature et notre vie de tous les jours, avec la danse on n’a pas besoin de mots. 
Pour moi, la prise de conscience collective de ce qui est en train de se passer est fondamentale. C’est avec des petits gestes quotidiens qu’on devrait tous faire que l’on peut provoquer le changement et forcer les politiciens du monde entier à réagir face au réchauffement climatique.

Le 24 avril 2019, vous avez été élue membre de l'Académie des Beaux-Arts. Même si vous n’êtes pas encore installée, comment avez-vous vécu cette élection ? Quelles seront vos priorités au sein de cette vénérable institution ?

B.L. : Ce fut une merveilleuse nouvelle. Pour la première fois nous sommes trois chorégraphes à entrer à l’académie. Je suis la première femme chorégraphe élue.
Je souhaite trouver de nouvelles méthodes pour communiquer sur la danse et rendre cet art plus accessible, notamment par l’éducation. En attribuant des prix et des aides, il sera aussi possible de donner les moyens de travailler à de jeunes créateurs.
Il faut enfin renforcer les échanges entre les arts. Il est incroyable de penser que la danse n’existait pas, jusqu’à aujourd’hui, à l’Académie des beaux-Arts. Je veux donc donner une voix à la danse.

Quels sont vos projets en cours ? Où et quand peut-on vous retrouver sur scène ?

B.L. : Je travaille en ce moment sur un nouveau spectacle qui mélange danse et nouvelles technologies. En tant qu’artiste, j’utilise les nouvelles technologies pour créer. 
Dans ce spectacle je me suis inspirée d’une opérette qui va faire danser les gens et les faire participer activement au spectacle. Ce ne sera pas juste un spectacle où les gens viennent nous regarder danser, le public va danser avec nous.
 

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