Des vignes à Courbevoie ?

Vivre à Courbevoie

Des vignes à Courbevoie ?

Publiée le jeudi 04 octobre 2018
Dimanche 7 octobre, c’était le grand rendez-vous des vendanges de Courbevoie. Le parc de Bécon s'est animé au rythme des chansons et du bal musette. Cette fête témoigne de l’histoire ancienne et contemporaine de la vigne sur les coteaux de Courbevoie.

Une tradition ancestrale

La vigne et la ville de Courbevoie sont liées depuis très longtemps. Un regard sur les armes ou le logo de la ville suffit pour s’en convaincre. Les armes de Courbevoie sont : "d’azur au pont à l’antique de trois arches d’or, sur une rivière d’argent ; au chef cousu de gueules, chargé d’un pavillon ouvert d’argent, accosté de deux grappes de raisin feuillées d’or". Le pavillon ou tente rappelle que Courbevoie fut longtemps une ville de garnison et les raisins témoignent d’une abondance des vignobles

L’implantation de la vigne a été favorisée par un sol argilo-sablonneux et la bonne exposition des coteaux et du haut de Courbevoie. Dès le XIVe siècle, les archives évoquent un vignoble de 18 arpents (5 000 m2), propriété d’un certain Jehannin Lechâtelain. Réputé au XVe siècle, le vin de Courbevoie atteint une production annuelle de 400 000 litres en 1788. Toutefois, l’activité entame son déclin à cette époque. Concurrence de vignobles plus productifs, qualité jugée médiocre, maladies et aléas climatiques ont raison de cette culture. Ainsi, le dernier vigneron, photographie reproduite dans le livre de l’Abbé A. Piquemal « Études sur la ville et paroisse de Courbevoie » cessera son activité à la fin du XIXéme siècle.

Le Retour de la vigne

Pour renouer avec sa tradition viticole, la ville décide en 1956 de planter trois plateaux de 750m² au parc de Bécon. Les cépages utilisés sont le chardonnay, le pinot Noir et meunier, le sauvignon et le sémillion. En 1976, 130 ceps supplémentaires en sauvignon et chardonnay vinrent compléter cet ensemble. 
À la suite de difficultés liées aux plants, au manque d’expérience et au matériel ancien, on remplaça en 1990 l'ancienne vigne par 500 pieds de sémillon pour une vinification entièrement en blanc. La ville fit aussi l'acquisition de matériel moderne et le travail reprit, cette fois avec succès.

La vigne aujourd’hui

Il existe aujourd’hui deux vignes à Courbevoie :

  • La petite, située au pied du pavillon des Indes, occupe une surface de 150 m2
  • La grande occupe environ 800 m2 sur trois plateaux ou terrasses. Invisible de la rue, elle est enclavée par les bâtiments environnants, derrière la bibliothèque J-B Charcot. 

Ces deux vignes à flanc de coteau bénéficient d’une très bonne exposition ce qui est particulièrement positif pour l’élaboration d’un vin qualitatif et personnalisé. 
Quatre cépages ont été sélectionnés : pinot noir, sauvignon, sémillon et chardonnay. Ces différents cépages permettent d’augmenter la complexité aromatique.

La vigne est entretenue par le service municipal des espaces vert et par une agronome œnologue, Sylviane Leplâtre, qui suit aussi les vignes de Montmartre et apporte son expérience et son savoir-faire. 
Le calendrier suit le cycle végétatif : 

  • Taille d’hiver au mois de mars
  • Ebourgeonnage (opération consistant à supprimer certaines pousses indésirables) et palissage (technique agricole consistant à conduire une plante sur une structure en y attachant ses tiges et ses branches à l’aide de liens) au mois de mai et juin.
  • Effeuillage en été
  • Vendanges au mois de septembre.

Toutes ces tâches sont essentiellement manuelles et impliquent une participation active de l’équipe sur place.

Pour la protéger des oiseaux, la vigne a été recouverte de filets. Elle est traitée en suivant les principes de la viticulture biologique. Seuls le soufre, le cuivre et des bactéries sont utilisés contre les bioagresseurs comme les champignons. Des insectes auxiliaires peuvent aussi être utilisés en renfort contre les ravageurs.

Cette année, le raisin était mûr à la mi-septembre. La vendange a donc eu lieu entre le 17 et le 20 septembre. La production des deux vignes a atteint plus de 640 kg de raisins.
La cave s’est équipée au fur et à mesure de matériel professionnel : pressoir pneumatique, cuves en inox et barriques de chêne. Ces barriques sont utilisées pour élaborer le vin et l’élever pendant quelques mois. Le vin est enfin mis en bouteille sur place avant d’être stocké en cave. 
Pour le goûter, il faudra attendre quelques mois, une dégustation est organisée tous les ans durant les journées du patrimoine.

En images :

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