Des collégiens de Courbevoie montent leur entreprise de terrariums

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Des collégiens de Courbevoie montent leur entreprise de terrariums

Publiée le lundi 19 mars 2018
Des collégiens de 3ème option mini-entreprise, se lancent dans la conception, la production et la vente de terrariums quasi-autonomes. Focus sur 15 entrepreneurs en herbe.

Tous les mercredis, 15 élèves de la classe de troisième, option mini-entreprise, du collège des Bruyères, se réunissent pendant deux heures. But du jeu : faire vivre la mini-entreprise qu'ils ont créée à la rentrée et assurer la production et la vente des produits qu'ils ont conçus : des terrariums quasi-autonomes, réalisés dans des bocaux en verre récupérés.

En décembre dernier, leur entreprise nommée Ecoboco a effectué son tout premier test lors des réunions parents-professeurs d'avant les vacances.

Des responsabilités bien définies

Créée avec les enseignants, la mini-entreprise est chapeautée par l'association Entreprendre pour apprendre Île-de-France (EPAIDF) agréée par l'Éducation nationale. Elle dispose d'un statut juridique de Scoop (ou de SA). En début d'année, les enseignants ont présenté la démarche aux élèves, recrutés en quatrième. Chacun a émis des voeux et participé à des entretiens d'embauche.

Depuis, Fransceca, a été nommée au service administration et RH de la jeune entreprise. Elle rédige les contrats de travail à partir du modèle fourni et fait signer les engagements à respecter. Chaque semaine, elle remplit le journal de bord et veille à ce que les personnes ayant effectué des achats pour l'entreprise soient remboursées.

Zaky et ses collègues du service production fabriquent les terrariums dans la serre du collège. Quant à Jean, du service marketing et communication, il établit la charte graphique, le logo, les flyers, et assure la notoriété de l'entreprise sur les réseaux sociaux.

Arthur, au service finances, gère, lui, les factures, la caisse lors des ventes et les avances remboursables. Et s'initie, déjà, aux problématiques de temps de travail : « J'utilise les tableurs de Google, qui sont gratuits, faciles et connectés, que je peux utiliser “au bureau” ou chez moi, depuis mon téléphone. »

Jonathan et Ornella, au service marketing, recherchent quant à eux des lieux de vente. « Nous effectuons aussi des sondages sur les envies des clients potentiels et les prix qu'ils accepteraient de payer. Nous avons créé le questionnaire pour les commandes de bocaux, nous sommes les contacts des clients en cas de problème, notamment de livraison. »

Ensemble, ils ont rédigé l'annonce sur la plateforme Wweeddoo pour solliciter des dons de terreau et de semences. Edern, enfin, incarne, en bon PDG, l'image publique d'Ecoboco : « J'assure la liaison avec l'EPA, je recherche des sponsors, mais j'aide aussi les autres services. »

Des bénéfices pédagogiques et personnels

Seules deux heures par semaine sont consacrées au projet, mais elles passionnent les élèves mini entrepreneurs. « Ecoboco, c'est une super idée ! constate Kalya Thevathasan, permanente de l'association Entreprendre pour apprendre Île-de-France, qui accompagne les collégiens. Leur produit est très design et il est porté par des élèves très motivés, qui sont ultraprésents sur les réseaux sociaux. Ils sont très investis et en avance sur d'autres projets. »

La démarche, en marge de l'enseignement traditionnel en classe, séduit les enseignants, la prise d'autonomie qu'elle induit leur offrant parfois de belles surprises : « Cela nous permet de découvrir des personnalités et des qualités que nous n'aurions pas pu voir autrement chez nos élèves. Nous voyons des jeunes s'épanouir, prendre des responsabilités et être fier de leurs travaux », souligne ainsi Yann Pasquier, professeur de technologie.

Les bénéfices de l'expérience s'imposent aussi aux collégiens. « Nous apprenons à rédiger des emails comme des adultes, relève ainsi Jonathan. Cette expérience m'apprend à m'exprimer, à me présenter et à maîtriser le vocabulaire. »

Ornella, ex-membre du Conseil municipal des jeunes, renchérit : « Nous comprenons comment fonctionne une entreprise, comment nouer des partenariats et nous organiser. J'ai découvert que j'aimais vraiment l'échange et les relations commerciales. »

Edern conclut : « Je suis plus à l'aise dans la conversation, j'argumente mieux mes positions auprès d'inconnus. Quand j'ai cherché mon stage de troisième, je savais exactement comment avancer mes arguments. La mini-entreprise nous prépare à intégrer le marché du travail. »

En savoir plus sur Ecoboco

Rendez-vous sur la plateforme participative Wweeddoo, destinée à épauler les projets des 13-25 ans.

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