L'histoire de Courbevoie

2000 ans d'histoire

La présence de l'Homme à Courbevoie remonte presque à la nuit des temps. L'Histoire de notre commune est celle d'une ville presque ordinaire avec des événements marquants, une évolution démographique et économique qui a suivi, voire même devancé, celle du pays.


> Voie courbe, esprit droit

Antonin le Pieux, fils de l'empereur romain Adrien (138 à 161), serait l'auteur de la fière devise inscrite sur les armoiries de notre ville : Curva via mens recta (voie courbe, esprit droit). Cette voie courbe de l'époque gallo-romaine devait passer par l'actuelle place Victor-Hugo, une partie de la rue Victor-Hugo, la rue de l'Hôtel de Ville, la place Hérold et la rue Jean-Pierre-Timbaud. Elle se continuait par Nanterre, Saint-Germain et la rive gauche de la vallée de la Seine.

Curva via n'est alors qu'un humble hameau de pêcheurs et de vignerons. Au VIIIe siècle, celui-ci dépend de l'abbaye de Saint-Wandrille (près de Rouen) avant de passer au XIIe siècle sous la domination des moines de Saint-Denis.

Au milieu du XIIe siècle, les gens de Courbevoie obtiennent de vendre librement leurs produits, d'être exemptés de corvée, et achètent finalement leur liberté contre une somme de 1700 livres parisis. Néanmoins, le village reste sous la dépendance de la paroisse de Colombes jusqu'en 1787.


> Le bain forcé d'Henri IV

Le naufrage du bon roi Henri IV est certainement un des événements les plus célèbres et aussi le plus déterminant de la Chronique courbevoisienne. En 1606, le roi, la reine Marie de Médicis et tout leur équipage revenant de Saint-Germain-en-Laye, empruntent le bac, existant depuis 1140, pour regagner Paris. Carrosse royal mal arrimé, chevaux assoiffés, le bac est déséquilibré et le bain forcé. Le lendemain, remis de ses émotions, le roi déclare : 'Nous l'échapasmes belle, hyer '. Sully est chargé de faire construire le premier pont de Neuilly en 'charpenterie de bois'. Terminé en 1611, ce pont ne peut être inauguré par son instigateur : le poignard aura été plus efficace que le naufrage ! Trente ans après, un deuxième pont de bois doit remplacer le premier, alors détérioré par les crues et les attaques de l'hiver ; il dura jusqu'en 1766.

> L’expansion

Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, Courbevoie n’est qu'un village de quelques centaines d'habitants et un lieu de résidences secondaires pour une noblesse parisienne en mal d'espace. Trente propriétaires se partagent le territoire de la ville, dont le Fermier général Paulze qui donne sa fille, son titre et le château des Colonnes à Lavoisier.

A la fin des années 1730, Courbevoie devient une ville de garnison. Louis XV l'a choisie avec Saint-Denis et Rueil pour y implanter l'une des trois casernes pour son régiment de Gardes suisses. D'un seul coup, le village voit sa population s'accroître de plus du double. Des centaines d'ouvriers de toutes corporations, des surveillants de travaux et toute une intendance font de Courbevoie un immense chantier. Des blanchisseries se créent ainsi que de nombreuses petites entreprises. Le village se transforme en petite ville. Mais jusqu'à la fin du XIXe siècle, les vignerons feront mûrir le raisin sur les coteaux de Courbevoie. Encore aujourd'hui, les vignes du parc de Bécon permettent de produire, les meilleures années, entre 400 et 500 litres de vin blanc.

Après avoir constitué sa première municipalité en 1790 et être devenue chef-lieu de canton à partir de 1829, Courbevoie amorce sa montée en puissance. En 1801, Courbevoie ne compte que 1311 habitants mais dès 1830 les chiffres de la population vont s'accroître rapidement : 2 488 en 1836; 4 302 en 1851; 10 553 en 1861; 15 112 en 1881; 25 330 en 1901. Cela s’explique par développement conjoint de l'artisanat puis de l'industrie, des moyens de transports (du chemin de fer en particulier) et par l'extension de la région parisienne. Entre les années 1870 et 1940, Courbevoie devient le berceau des industries pharmaceutiques modernes.

Après le siège de Paris en 1870, les combats de la Commune de 1871, les barricades, les attaques et les contre-attaques laissèrent de mauvais souvenirs à Courbevoie. Une statue en bronze du sculpteur Barrias fut érigée en 1885 sur la place de la Demi-Lune, au point culminant du lieu qui porte depuis le nom de Rond-point de la Défense, en hommage à l'héroïque résistance des Parisiens contre les Prussiens.


> Guerres et paix



Le XXe siècle « Courbevoisien » est d'abord marqué par les deux guerres mondiales. La ville y a perdu de nombreux habitants et dut faire face à plusieurs bombardements, ceux des Zeppelins et celui notamment de 1943, qui provoqua d'importants dégâts et fit de nombreuses victimes.

Pendant la Première guerre mondiale, la caserne Charras était le lieu de départ pour le front de nombreux soldats issus de différents régiments dont le 119e d'Infanterie et servait d'hôpital militaire. En effet, face au manque d'infrastructures sanitaires, des sociétés d'assistance de la Croix-Rouge organisèrent des hôpitaux auxiliaires dans les locaux privés, tels que la Maison des Diaconesses au 12 rue de la Montagne (aujourd'hui Foyer des Arts), une infirmerie dans les bâtiments de l'usine The New America au 134 rue de Bécon (actuelle rue Jean Baptiste Charcot) ou encore une antenne pour convalescents à l'Union belge mise en place par l'armée belge.

La paix retrouvée, Courbevoie reste un centre d'artisanat, de petites et moyennes entreprises (automobile, aviation, mécanique générale, façonnages divers). Puis, grâce à l'aménagement du quartier de La Défense, Courbevoie devient progressivement un haut lieu des activités tertiaires. Ainsi, à partir de 1959, une vaste opération d'urbanisme modifie la physionomie de la ville. Les îlots vétustes et mal adaptés sont progressivement transformés en quartiers modernes pourvus des équipements nécessaires.


 


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