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Construite en 1967 sur un site industriel peu urbanisé, la centrale de chauffe de la Défense avait pour mission de fournir l'eau chaude (sanitaire et de chauffage), et d'assurer la climatisation aux bureaux du tout nouveau site qui s'édifiait à l'ouest parisien, et dont l'ambition était de devenir l'une des premières places économiques d'Europe. La centrale devait également fournir les mêmes prestations aux principales organisations administratives du département (Préfecture, Tribunal, etc…).
Après un démarrage au gaz, elle a principalement fonctionné au charbon jusqu'en 1994, puis uniquement au fioul. A l'époque, les règles de sécurité n'étaient pas aussi drastiques qu'elles le sont aujourd'hui. Même si la centrale n'est pas considérée SEVESO II, elle fait partie des installations classées pour la protection de l'environnement, soumises à autorisation préfectorale en raison de la puissance installée, conformément à la loi de 1976.
En mars 1994, la centrale explose suite à une erreur humaine, et l'enquête a très bien défini les circonstances de l'explosion et ses causes. Depuis, un arrêté préfectoral a interdit l'utilisation simultanée du gaz et du charbon dans une même chaufferie, et plus généralement l'emploi de deux combustibles différents dans des états physiques différents (états gazeux, solide ou liquide).
Dès le lendemain de l'explosion, les élus de Courbevoie se sont battus pour que la centrale n'existe plus sur ces lieux. Ainsi, ils avaient proposé que le réseau urbain de chauffage, de production d'eau chaude sanitaire et d'eau glacée pour la réfrigération, soit relié à la centrale de Saint-Ouen distante de quelque cinq kilomètres. Cela leur a été refusé. En effet, si la centrale est gérée par une société qui a été choisie après avoir répondu à un appel d'offres, le terrain et le matériel appartiennent à un syndicat intercommunal appelé Sicudef (Syndicat mixte de chauffage urbain de la Défense). Ce dernier regroupe les communes de Puteaux, Nanterre et Courbevoie; le Conseil général des Hauts-de-Seine est également associé au comité de gestion. Les propositions faites par Courbevoie n'ont pas obtenu l'adhésion des autres communes qui l'ont placée en minorité dans le choix de toutes les solutions qui suivront.
Après l'explosion, la centrale sera en partie reconstruite de façon provisoire afin de chauffer et refroidir les bureaux situés sur la Défense. Malgré l'opposition des élus de la Ville, exprimée lors de séances du conseil municipal, le Préfet, au nom de l'intérêt public, a reconduit plusieurs fois cette autorisation temporaire d'exploiter, en multipliant les contraintes pour garantir la sécurité. Il faut en effet savoir que l'avis du maire de Courbevoie et des élus n'est que consultatif. Le Préfet est seul habilité à décider de donner ou non cette autorisation. Notons que tous les commissaires enquêteurs successifs ont donné un avis favorable à cette autorisation d'exploitation. Actuellement, la centrale ne fonctionne qu'avec un seul combustible, le fioul lourd (matière visqueuse non explosive à très basse teneur en soufre - TBTS).
Le maire et les élus de la Ville se sont toujours montrés attentifs à la sécurité des riverains de la centrale. A diverses reprises, le maire a attiré l'attention de différents organismes sur les risques encourus. Après plusieurs rencontres avec des experts, il a demandé à être reçu par le Préfet en compagnie de riverains. A sa demande, le Préfet a décidé de prendre un arrêté comportant 98 résolutions, qui consistent notamment à :
Notons que contrairement aux idées répandues, concentrer la production de froid en un seul lieu plutôt que de laisser chaque immeuble avoir sa propre production, permet de garantir une bien meilleure sécurité en terme de pollution et de risques sanitaires selon la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales), le Stiic (Service technique d'inspections interdépartementales des installations classées) et la Drire (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'équipement). En effet, une surveillance constante a lieu alors que dans le cas d'une individualisation de production, le coût que nécessite cette surveillance peut entraîner certaines entreprises à la négligence.
De même, la production sur un site unique permet de focaliser la surveillance sur un seul lieu et donc de tout mettre en œuvre pour approcher la perfection sanitaire. Aujourd'hui, tous les experts estiment que le risque en ce qui concerne une contamination de légionelles par ce site est quasiment nul (même si le risque zéro n'existe pas).
Par ailleurs, si les immeubles possédaient leur propre production de froid, ils échapperaient à toute classification et contrôle. La garantie d'un site unique de production classé permet d'effectuer une surveillance où tous les spécialistes (des organismes d'expertise aux pompiers) peuvent donner leur avis.
En effet, il n'existe plus un seul bras mort sur le réseau, des chocs biocides et chlorés ont lieu régulièrement, l'eau de la Seine a été remplacée par l'eau de Ville qui est traitée, la centrale est arrêtée durant deux week-ends par an pour entretien ; en ce qui concerne le froid, les bassins de refroidissement sont stoppés par section durant deux mois pour nettoyage, et la surveillance est accrue.
Contact
Service hygiène et sécurité : hygiene.securite@ville-courbevoie.fr